Test du chronographe ProChrono DLX

24 avril 2026

En résumé Le chronographe ProChrono DLX est un chronographe balistique qui fonctionne très bien dans un stand en plein air (surtout quand il y a des nuages), mais il faut un environnement lumineux spécifique en intérieur. Le vrai plus de ce chronographe réside dans l’application mobile connectée en Bluetooth. Un bon rapport qualité prix !

Contexte et besoins

Par le passé, à l’époque où j’avais une 308 et où je testais mes premiers rechargements, j’avais acheté un chronographe d’origine chinoise sur ebay ou Aliexpress (je ne sais plus) et je l’ai vite remisé dans un coin de mon atelier, du fait du manque de précision des mesures… quand il fonctionnait ! Un copain au stand, déçu également de son chrono de même origine, a fini par acheter un autre chronographe (Magnetospeed), beaucoup plus précis, beaucoup plus cher et dédié aux armes longues, puisqu’il se fixe sous le canon… Et moi j’ai revendu ma 308… Et un jour, je vois passer une annonce sur Paaf2 de quelqu’un qui vendait un chronographe ProChrono DLX, de la marque Competition Electronics…

J’avais déjà repéré, chez mon armurier préféré, ce chronographe et, à l’époque, il en disait du bien, sous réserve de l’utiliser en extérieur. Le prix était plutôt intéressant pour un chronographe ayant peu servi et j’ai donc sauté le pas…

Comment fonctionne un chronographe balistique ?

Un chronographe balistique, c’est un outil qui permet de mesurer la vitesse d’un projectile. Que ce soit une balle de calibre 9mm, un plomb de carabine à air comprimé, ou même une flèche, le chronographe va donner une valeur précise en mètres par seconde (m/s) ou en pieds par seconde (fps).

Le principe de fonctionnement est relativement simple. Les chronographes optiques, comme le ProChrono DLX, utilisent deux capteurs lumineux espacés d’une distance connue et précise. Quand le projectile passe devant le premier capteur, il crée une ombre ou une interruption de lumière qui déclenche le chronomètre. Quand il passe devant le second capteur, le chronomètre s’arrête. En connaissant la distance entre les deux capteurs et le temps écoulé, l’appareil calcule automatiquement la vitesse du projectile.

C’est pour cette raison que les conditions de lumière sont si importantes avec ce type de chronographe : les capteurs ont besoin d’un contraste suffisant pour détecter le passage du projectile.

test ProChrono DLX : schéma de fonctionnement d'un chronographe balistique
test ProChrono DLX : vue générale du produit
test ProChrono DLX : les éléments démontés (chronographe, diffuseurs, tiges, mode d'emploi)

Le chronographe ProChrono DLX est livré démonté dans une boîte en carton, ce qui permet de réduire la place pour le stockage.
Le remontage est facile, il suffit d’insérer les 4 tiges métalliques dans les trous sur le corps du chronographe et ensuite de mettre les deux diffuseurs. Enfin, il faut prévoir une pile 9v et c’est parti !

En quoi un chronographe est utile pour les tireurs sportifs ?

Pour le rechargement, c’est carrément indispensable. Le chronographe permet de vérifier que les munitions rechargées sont constantes et sans danger. Une variation trop importante de vitesse entre les cartouches (l’écart-type ou ES en anglais) peut indiquer notamment un problème de dosage de poudre (ou d’écart de poids d’ogives, ou encore d’amorçage). Si le chronographe affiche une vitesse trop élevée, cela peut signaler une charge dangereuse qui dépasse les seuils de pression recommandés.

En compétition de précision, connaître la vitesse exacte des munitions permet d’affiner les réglages balistiques, surtout sur les longues distances où chaque mètre par seconde compte dans le calcul de la chute du projectile et de la dérive au vent.
Pour les disciplines dynamiques comme le TSV, le chronographe a aussi son utilité : vérifier que les munitions respectent les minimums de puissance imposés par le règlement (le fameux « power factor »). Un facteur majeur qui ne passe pas le chrono en match, c’est la rétrogradation directe en facteur mineur et un comptage de points moins avantageux.

Enfin, pour ceux qui achètent leurs munitions toutes faites, le chronographe permet de comparer les performances réelles de différentes marques et références, histoire de voir si ce qui est annoncé sur la boîte correspond bien à la réalité sur le terrain.

 

test ProChrono DLX : vue générale avant avec le mode d'emploi fourni en arrière plan

L’essentiel se concentre sur le panneau de la façade avant… mais surtout, via la connexion Bluetooth, avec l’application mobile gratuite du fabricant !

test ProChrono DLX : le bouton d'allumage

Sur le côté, le bouton On/Off et une prise pour le brancher sur le secteur.

test ProChrono DLX : trappe des piles, une servant à l'alimentation et l'autre en réserve (non connectée)

Petit détail pratique : la trappe pour la pile a en fait deux emplacements : l’un pour la pile branchée sur le chronographe et l’autre pour ne pile de remplacement… De quoi ne pas être pris au dépourvu une fois arrivé au stand avec une pile vide !

Test, prise en main et utilisation

L’utilisation du ProChrono DLX est en fait très simple : il suffit de déployer les deux surfaces translucides blanches au-dessus du chronographe, de mettre la pile 9v (non fournie) dans la trappe prévue pour et d’allumer le chronographe.
A noter que le chronographe est équipé d’un pas de vis au standard ¼ de pouce (1/4-20), utilisé de façon courante en photographie et qui permet de déployer un pied photo en dessous, ce qui le rend beaucoup plus pratique à utiliser sur le terrain. Il faut juste être précautionneux sur l’arrimage du pied, en cas de vent, les diffuseurs pouvant faciliter le renversement de l’ensemble lors d’une rafale un peu puissante.

Il faut aussi faire attention au souffle du canon et ne pas positionner le chronographe trop proche de la bouche du canon, sinon, cela peut causer des dégâts !

Voici les distances recommandées selon le type d’arme utilisée :

  • Arme de poing : entre 2 et 4 mètres
  • Arme d’épaule : entre 4 et 6 mètres
  • Arme de chasse / fusil à pompe : sur des munitions dispersantes (par exemple de la grenaille ou de la chevrotine), là, c’est plus compliqué ! Il faut retirer les diffuseurs, se positionner à 2 mètres environ et contre-viser d’environ 15 cm au-dessus de l’appareil…

Par défaut, à l’allumage, le chronographe ProChrono DLX est configuré en pied par seconde (feet per second, fps). Pour le passer en mètre par seconde (m/s), il suffit d’appuyer sur le bouton Review de façon prolongée, jusqu’à ce que le message « rdY » s’affiche.

test ProChrono DLX : le dessous du chrono, avec une plaque ArcaSwiss installée dessus.

Le pas de vis au format 1/4 permet de mettre le chrono sur un pied photo classique.

test ProChrono DLX : le chrono sur un trépied photo
test ProChrono DLX : gros plan sur la facade avant

Le point sur lequel il faut faire attention, c’est l’environnement lumineux du stand : l’idéal, c’est un ciel nuageux (contrairement à ce qu’on pourrait penser), car c’est là que la lumière va être la plus constante… car elle est la plus diffusée (c’est valable aussi en photo, pour le portrait, notamment) ! Lors d’une belle journée ensoleillée, le mieux c’est de se mettre à l’ombre…

La notice détaille plusieurs cas qui peuvent justement générer des erreurs dans la prise de mesure : éclats lumineux sur les ogives brillantes, changement soudain de luminosité avec le soleil qui sort des nuages, les ombres des arbres environnants, le lever ou le coucher du soleil…

En intérieur, il peut y avoir plusieurs sources d’erreurs dans les mesures :

  • Manque de luminosité générale
  • Interférences électriques (micro-ondes à proximité, antenne radio,…)
  • Utilisation de néons : les lampes fluorescentes produisent un scintillement (invisible à l’œil humain) qui peut être détecté par le chronographe.

Pour ces situations, Competition Electronics a conçu un kit d’éclairage spécifique à l’utilisation en intérieur, mais je ne sais pas si ce kit est trouvable en France.
EDIT : si, il existe en France 🙂

test ProChrono DLX : affichage de la vitesse (en pieds par seconde)
test ProChrono DLX : affichage de la séquence de tir et du numéro d'enregistrement de la vitesse

L’affichage sur l’écran intégré est lisible à une distance de 3-4 mètres.
Il est très basique : il va afficher la vitesse après chaque mesure et afficher une indication pour dire que la mesure suivante devient possible. Certaines erreurs sont affichées directement sur l’écran également. 5 boutons en façade permettent d’interagir avec le chronographe, mais, une fois en position d’utilisation à 3-4 mètres, il est impossible d’appuyer sur un bouton sans se déplacer (ou alors il faut avoir le bras vraiment très long).

C’est là où la spécificité de ce modèle devient intéressante : le ProChrono DLX est aussi équipé du Bluetooth et permet de se connecter à une application gratuite, disponible sur Android ou iOS, qui va permettre non seulement d’afficher en direct la mesure de vitesse qui vient d’être effectuée, mais aussi de conserver en mémoire toutes les mesures, en les regroupant par lots (mais aussi par dates, par type d’armes,…).
Dans l’application, il y a aussi un ensemble de calculs qui se font automatiquement : calcul du facteur de puissance pour l’IPSC (TSV), l’écart extrême entre les mesures (ES pour Extreme Spread), vitesse moyenne mesurée, température et pression atmosphérique,…
Il y a aussi la possibilité d’avoir des graphiques des différentes mesures et même un export vers Excel au format CSV.
Et le chronographe peut aussi être connecté avec Practiscore pour les compétitions de TSV.

Pour moi, c’est le vrai avantage de ce chronographe, la connexion Bluetooth !

Ca permet véritablement d’être plus efficace sur le terrain et de retour à la maison, pour analyser en détail les différents résultats…

test ProChrono DLX : capture d'écran de l'application (dernière vitesse mesurée et historique, sur une session en 40SW)

C’est surtout sur l’application que se trouve le réel intérêt de ce chronographe : on peut créer des séries de mesures différentes, par exemple ici pour tester la régularité de munitions manufacturées en 40SW.

test ProChrono DLX : capture d'écran de l'application (dernière vitesse mesurée et historique)

Dans une série, on peut conserver toutes les informations : date, heure, température et pression atmosphérique… Au fur et à mesure des tirs, les informations essentielles s’affichent directement (ici, dans mon cas, recherche du facteur majeur pour un Open en 9mm).

test ProChrono DLX : capture d'écran de l'application (stats en bargraphs)

D’autres représentations sont disponibles : en bargraph, en export Excel,..

Points forts / Points faibles

Les avantages

  • Le Bluetooth et l’application mobile, avec un retour immédiat de la vitesse et tout un ensemble d’informations complémentaires, sauvegardées et exportable
  • La simplicité d’utilisation : le déploiement des réflecteurs, la pile et l’installation sur un trépied photo prend moins de trois minutes
  • Le rapport qualité prix en regard des autres modèles plus hauts de gamme
  • La fiabilité générale

 

Les inconvénients

  • La sensibilité à la lumière : c’est vraiment le point le plus délicat, car le chronographe ne fonctionne pas bien par faible luminosité (mais il existe un kit lumineux pour pallier à ce problème)
  • La détection des billes d’airsoft ou des plombs de carabine à plomb, qui reste compliquée du fait de la petite taille des projectiles

 

 

 

Verdict et note

test ProChrono DLX : bandeau principal
(4.5/5)

ProChrono DLX : ma note

Faut-il acheter le ProChrono DLX ?

Un chronographe balistique comme le ProChrono DLX n’est pas franchement utile pour un tireur sportif qui ne recharge pas (sauf dans des cas très précis pour tester des marques de munitions non rechargeables, comme le 22LR ou le 17HMR).
Dans l’idéal, si le club s’équipait d’un chronographe, ça serait la meilleure des situations pour rentabiliser l’achat…
Certaines utilisations (TLD, PRS,…) nécessitent des solutions plus complètes et plus onéreuses, mais pour celui qui recharge en dehors de ces exigences spécifiques, le ProChrono DLX est une solution à considérer, essentiellement du fait de son rapport qualité-prix et de sa connexion Bluetooth avec l’application mobile.
En tout cas, je garde le mien, même si je ne m’en sers pas souvent !

Spécifications techniques

 
Caractéristique Valeur
Plage de vitesse 6 à 3 048 m/s (20 à 9 999 fps)
Plage de température de fonctionnement -7 à 38 °C (20 à 100 °F)
Dimensions 40,6 × 10,2 × 8,3 cm (16″ × 4″ × 3-1/4″)
Poids 0,95 kg (2,1 lbs)
Alimentation Une pile alcaline 9 volts (non fournie)
Autonomie Environ 20 heures d’utilisation
Consommation électrique Environ 15 mA
Filetage pour fixation trépied 1/4″ – 20 (standard photo)
Taille des tiges de support 4,8 mm × 40,6 cm (3/16″ × 16″)
Capacité mémoire Jusqu’à 9 séquences de 99 coups chacune
Statistiques disponibles Vitesses individuelles, maximum, minimum, moyenne, écart extrême (ES), écart-type (SD)
Intervalle minimum entre tirs 500 ms (0,5 seconde)
Résolution de mesure 31 nanosecondes (8 000 comptages @ 4 000 fps) – Contrôle à quartz
Précision ±0,5 % de la vitesse mesurée ou mieux
Connectivité Bluetooth BT2 et BT4LE (compatibilité iOS et Android)

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