PrimaFill de DoubleAlpha

11 février 2026

A partir du moment où vous commencer à recharger des munitions en grande quantité, la problématique de l’amorçage devient un sujet à part entière. Autant pour des petites séries, on peut adopter des solutions simples, autant, dès qu’on utilise des presses progressives, le remplissage de tubes d’amorces nécessite une autre approche de la problématique…

A part la presse Load Master (Lee) qui utilise un système spécifique (qui fonctionne pas trop mal, mais pas avec une grande fiabilité), les autres presses progressives (Dillon 650, 750, 1050, 1100, Hornady AP, Apex10, Mark7) vont utiliser des tubes qui contiennent 100 amorces.
A chaque fois qu’on termine un lot de 100 munitions, on va changer de tube pour remettre 100 amorces dans le processus (en même temps qu’on va remettre des étuis et des ogives, selon la configuration de la presse). Pour optimiser une session de rechargement, on va donc remplir plusieurs tubes en avance.
Et c’est là l’intérêt du Primafill de DAA…

Normalement, pour remplir un tube, on va poser les amorces dans un plateau, en les orientant toutes dans le même sens et ensuite on va « picorer » les amorces les unes après les autres via une des entrées du tube… Mais c’est long et fastidieux.

Il existe aussi des solutions totalement automatiques qui font ça, chez Dillon (RF100 Automatic Small Primer Filler remplacé par le futur modèle présenté au Shot Show 2026) ou aussi chez DAA (le PrimeVibe Primer Tube Filler) mais c’est assez onéreux et ça demande aussi, selon les modèles, d’acheter des aimants complémentaires à fixer sur les tubes, ce qui augmente encore la note globale…

C’est là que le PrimaFill de DAA est bien positionné : son prix reste raisonnable (surtout en regard des modèles automatiques) et son fonctionnement est assez simple, permettant de remplir un tube d’amorces en une petite minute environ.

J’ai acheté le mien d’occasion sur Paaf2 une soixantaine d’euros, ce qui était une bonne occasion… et je ne me sers plus que de ça pour remplir mes tubes d’amorces.

Pour charger correctement et rapidement les amorces dans les tubes, il faut bien évidemment le PrimaFill de Double Alpha, mais aussi des tubes, ceux fournis avec votre presse ou des tubes complémentaires (small ou large).

Un cache aimanté permet de boucher le trou que vous ne voulez pas utiliser.

Le PrimaFill permet de charger des amorces des deux formats existants : les small et les large. Il suffit, préalablement, de déplacer un bouchon qui va empêcher les amorces d’aller dans le mauvais trou.

Le fonctionnement est simple : il suffit d’ouvrir gentiment une boîte d’amorces au-dessus du PrimaFill. Ensuite, avec quelques oscillations de la boîte (et grâce aux stries sur la surface du plateau), les amorces vont progressivement se retourner toutes dans le bon sens…

Si jamais il en reste deux ou trois qui ne veulent pas jouer le jeu, c’est plus facile de les retourner à la main… Par contre, sans avoir mis le capot de protection au-dessus des amorces, c’est une très mauvaise idée d’appuyer sur le bouton qui fait vibrer le tout… Si cela peut vous épargner de devoir ramasser des amorces tomber par terre, alors tant mieux 🙂

Je recharge beaucoup avec des amorces Fiocchi, qui sont livrées en conditionnement de 150. En utilisant le boitier coulissant adapté, fabriqué en impression 3D, j’en dépose 100 sur le plateau.

Il faut maintenant que toutes les amorces soient dans le bon sens, ce qui se fait en secouant gentiment l’ensemble, sans le couvercle orange…

Une fois les amorces toutes dans le même sens, il faut ensuite mettre le capot orange translucide par-dessus et le maintenir en place pendant le reste des opérations.
Il faut ensuite insérer un tube du bon format dans le trou approprié (les small, c’est le trou de droite) et bien l’enfoncer à fond.
Ensuite, il faut incliner l’ensemble à 45° environ, pour mettre toutes les amorces à l’opposé du trou. Puis, progressivement en essayant de garder une file continue d’une amorce après l’autres, il faudra appuyer sur le bouton principal qui va faire vibrer le plateau et permettre aux amorces de « couler » dans le tube.
Le bouton principal est placé naturellement au niveau de l’index et l’opération est plutôt fluide à effectuer, une fois le coup de main pris pour faire glisser les amorces en file.

Le PrimaFill est alimenté par une pile de 9v, qui est finalement très peu sollicitée (le temps de vibration pour 100 amorces est d’environ 20 secondes, et encore)… Sa durée de vie est donc très longue. Par exemple, le mien date de 2021 et je n’ai toujours pas changé la pile (qui n’est pas fournie d’origine)…

Pour que l’écoulement des amorces dans le tube se fasse de façon fluide, il faut orienter le boitier à 45° (pour concentrer les amorces en bas) et le pencher vers l’opposé du trou.

Ensuite, il s’agira de gentiment pencher le boitier vers le trou pour faire une file d’amorces. Cette manipulation permettra d’éviter des bouchons au niveau du trou.

 

 

 

 

Le point critique du PrimaFill c’est le trou d’amorce qui va faire la transition entre le plateau et le tube… Il est plutôt ajusté (ce qui est bien), mais souvent il peut y avoir des bouchons qui se forment à cet endroit : par exemple si il y a trop d’amorces qui arrivent en même temps, ça coince et plus aucune amorce ne descend dans le tube.
Il faut alors éloigner les autres amorces en les envoyant de l’autre côté du plateau, tapoter le dessus du trou pour essayer de faire tomber l’amorce qui ne veut pas descendre. Et, si ça ne suffit pas, alors, il faut retirer le couvercle orange et gérer le problème à la main (en faisant attention à ne pas tout renverser)…

Certaines amorces ont aussi un peu plus de mal à descendre dans le tube. Par exemple les amorces Sellier-Bellot, les amorces CCI ont tendance à bien « couler » dans le trou, mais les amorces Fiocchi sont parfois un peu plus récalcitrantes et exigent une pratique de la mise en file des amorces plus précises…
Aujourd’hui, je n’utilise quasiment que des amorces Fiocchi (qui sont plus disponibles et moins chères que les autres marques) et ça va tout seul, je n’ai quasiment plus de bourrages… Et en plus, avec l’impression 3D qui permet de les déposer par paquet de 100, ça va tout seul.

Les tubes sont généralement du même diamètre, quelque soit la marque (Dillon, Hornady, DAA) et le mieux est d’acheter quelques tubes d’avance pour préparer des lots conséquents d’amorces. Les tubes DAA sont assez pratiques et moins chers que les Dillon. Pour une utilisation sur la presse Hornady AP, par contre, ils ne sont pas adaptés sans faire un bricolage (la longueur n’est pas suffisante, en fait).

 

 

 

 

 

La manipulation est plutôt rapide : en une petite minute, j’ai vidé la boite d’amorces, je les ai mises dans le bon sens et transféré les 100 amorces dans le tube…

Aujourd’hui, DAA commercialise une version « GEN2 » du PrimaFill, avec les deux trous d’amorces qui ont été remplacé par des inserts aluminium qui offrent un usinage plus précis des trous et, à priori, moins de difficultés à gérer les bouchons.

Je ne l’ai pas testé, le modèle GEN1 que j’ai va très bien et ça ne légitime pas, à mon avis, de racheter un nouveau modèle quand on est déjà équipé du premier…

Les avantages

Un rapport qualité/prix plutôt correct en regard du service rendu

Une utilisation ergonomique, pratique et rapide, sans devoir rajouter des aimants aux tubes

La rapidité d’utilisation (en général, il me faut environ six-sept minutes pour charger 6 tubes)

Une pile 9v inusable (et peu couteuse à changer)

La fiabilité du sens des amorces : sur une bonne centaine de tubes remplis, j’ai peut-être eu deux, trois amorces à l’envers, dû à une inattention de ma part au moment où j’ai mis le couvercle orange.

 

Les inconvénients

Une prise en main un peu particulière au début, qui permettra d’assurer la fluidité de l’écoulement des amorces une fois l’expérience maitrisée.

Quand une amorce est coincée, c’est parfois compliqué de la dégager.

 

Mon évaluation

(5/5)

En conclusion

Le PrimaFill Gen 1 est quand même très pratique pour mettre 300, 400, voire 600 amorces dans les tubes des presses de rechargement avant de démarrer une session. Le faire à la main prendrait un temps fou.

Je testerais bien des machines complétement automatiques (j’avais vu un modèle chez Rémy Deville où il suffisait de jeter les amorces en vrac et ça chargeait les tubes tout seul, impressionnant, mais pas donné), mais le budget n’est pas le même.

Donc, aujourd’hui, le PrimaFill de DAA est pour moi la meilleure des solutions à adopter, en sachant qu’il faudra trouver le bon coup de main pour faciliter l’écoulement sans bouchons des amorces dans les tubes.

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